Des backpackers aux company men. Du tourisme mondial au tourisme national : le cas du Ladakh (Inde)
David GoeuryArticle extrait "Tourisme et mondialisation "
Septembre 2011 - 11 pages
5.00 euros (format pdf)
Résumé. Ouvert au tourisme depuis 1974, le Ladakh attira rapidement de nombreux Occidentaux désireux de vivre l’aventure himalayenne alors qu’il rebutait les touristes indiens du fait du manque d’infrastructures. En effet, si les touristes internationaux magnifient l’Himalaya comme l’espace ultime des sports de nature, les touristes nationaux privilégient une approche hédoniste de la montagne. Ces néo-aventuriers ont joué le rôle de pionniers permettant la mise en tourisme de la région et surtout la montée en gamme des infrastructures, si bien qu’aujourd’hui le Ladakh attire davantage de touristes indiens que d’étrangers. Or, l’irruption du tourisme interne a été perçue comme une banalisation de la destination, voire son dévoiement. La différence des pratiques entre Occidentaux et Indiens a été ethnicisée en opposant Occidentaux éco-responsables et Indiens destructeurs des équilibres sociaux et environnementaux ladakhis. Ce présupposé idéologique cache une stratégie de distinction de la classe moyenne supérieure occidentale vis-à-vis de la bourgeoisie indienne. Les pratiques touristiques sont en effet très peu liées à l’origine nationale, mais davantage au statut social et à l’arbitrage entre les contraintes de temps et d’argent. Alors, progressivement, au sein de la vallée émerge un compromis spatial pour répondre à ces deux publics.
Abstract. Opened to tourism since 1974, Ladakh quickly attracted many Westerners coming for Himalayan adventure. But the lack of accommodation repulsed domestic tourists. Indeed, if foreigners magnify Himalaya as the most exciting place for outdoor sports, domestics prefer a hedonistic approach of mountain. Neo-adventurers facilitate tourist investments in appropriate infrastructure and today domestics become more numerous than foreigners in Ladakh. But the growth of domestic tourism was seen as a trivialization (downgrading) of the destination. Westerners ethnicized difference by presenting themselves as eco-friendly and Indians as a threat for social and environmental balance of Ladakh. This ideological presupposition hides a strategy of distinction from the western upper middle class to the Indian bourgeoisie. Touristic practices are not connected to origin but rather to social status and trade-off between money and time. Then, gradually, in Ladakh, emerges a new spatial compromise to satisfy these two audiences.
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